À l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, Solimut Mutuelle de France lance sa campagne nationale « Les inégalités de genre en santé sont d’abord politiques » pour mettre la santé des femmes au cœur du débat public et agir contre les inégalités entre les hommes et les femmes en santé. Parce que les inégalités ne sont pas une fatalité, parce qu’elles sont le résultat de choix historiques, scientifiques et politiques, les corriger est une urgence de santé publique et une exigence de justice sociale.
À travers cette campagne, Solimut Mutuelle de France poursuit ses engagements et ses actions en faveur de la santé des femmes. Elle vise non seulement à alerter sur l’état des inégalités mais aussi à proposer aux femmes des solutions concrètes pour leur santé. Jusqu’à la fin de l’année, la mutuelle donnera la parole aux femmes pour recueillir leurs préoccupations et leurs propositions, et ainsi mieux prendre en compte leurs besoins.
3 causes structurelles a combattre
La méconnaissance et les fausses idées sur le corps des femmes

La médecine moderne s’est construite en prenant le corps masculin comme norme.
Les études de médecine, les essais cliniques et la recherche ont longtemps exclu les femmes. La majorité des médicaments encore prescrits aujourd’hui ont été développés entre les années 1960 et 1980, à une époque où les femmes étaient largement exclues des essais cliniques.
Même si leur place a progressé depuis le XXème siècle, les traces de cette histoire patriarcale demeurent profondément ancrées aujourd’hui. Le corps des femmes reste aujourd’hui moins étudié, moins compris, moins enseigné.
Cela va de pair avec les stéréotypes persistants sur les femmes et leurs corps. « Les femmes sont douillettes », « elles exagèrent leurs douleurs », « les femmes sont plus fragiles émotionnellement », « la contraception, c’est aux femmes de gérer ». Ces stéréotypes sont délétères, d’autant qu’ils sont souvent intériorisés par les femmes elles-mêmes.
Résultat : retards de diagnostic, errance médicale, dégradation de la santé.
Prenons la première cause de mortalité des femmes en France : les maladies cardio-vasculaires. Comment expliquer qu’elles touchent davantage les hommes mais que les femmes en meurent plus que les hommes ?
Pourquoi n’ont-elles pas les mêmes chances de survie que les hommes ? Ce n’est pas accidentel, c’est le résultat d’une inégalité de prise en charge. On ignore encore trop que les femmes peuvent présenter des symptômes très différents des hommes, on minimise leurs douleurs, et la prévention ne s’adresse pas à elles car « c’est un problème d’hommes ». Un chiffre alarmant qui en dit long sur l’insuffisance d’information et de prévention : en moyenne, les femmes mettent 15 minutes de plus que les hommes à appeler les secours en cas de détresse cardio-vasculaire (Agir pour le cœur des femmes).
Si le système de santé a longtemps exclu les femmes et véhiculé des stéréotypes, il est indispensable aujourd’hui d’agir pour une prise en charge équitable. L’accès à la santé est un droit pour chacune et chacun.
51 % des femmes en France estiment que leurs symptômes ont été minimisés ou non pris au sérieux par un médecin en raison de leur genre (Ipsos pour la Fédération Hospitalière de France, 2025)
Chaque jour, 200 femmes meurent de maladies cardiovasculaires en France. Sur environ 1 million d’hospitalisations annuelles pour maladie cardiovasculaire, 41 % concernent des femmes et 59 % des hommes. Sur 140 000 décès cardiovasculaires,53 % touchent des femmes (Santé Publique France, 2021).
La maternité en priorité, les maladies féminines laissées de côté
La santé des femmes est marquée par un déséquilibre structurel : les maladies et douleurs qui affectent majoritairement les femmes sont insuffisamment prises en charge tandis que la fertilité et la maternité font l’objet d’un fort investissement médical et sociétal.
Les troubles liés au système hormonal féminin demeurent banalisés, minimisés ou stigmatisés, et les maladies touchant majoritairement les femmes restent encore aujourd’hui sous-financées. Il faut attendre en moyenne 7 à 10 ans pour obtenir un diagnostic d’endométriose. Les douleurs de règles sont encore banalisées et jugées normales. Les symptômes de la ménopause encore tabous.
À contrario, la gestion de la fertilité et de la maternité mobilise fortement le système de santé, tout en faisant reposer cette responsabilité très majoritairement sur les femmes (contraception, suivi hormonal, etc.). Ce constat pourrait s’amplifier si les priorités publiques continuent de privilégier les enjeux démographiques au détriment d’une approche globale de la santé des femmes.
Les conséquences sur la vie des femmes sont bien là. Il y a celles qui traversent la ménopause en silence, qui taisent leurs bouffées de chaleur, leur fatigue ou leurs troubles de l’humeur, par honte ou par peur de ne pas être prises au sérieux.

Il y a celles qui s’inquiètent des effets de certaines pilules sur les risques cardio-vasculaires et qui attendent, encore et toujours, que des contraceptifs masculins fiables et accessibles voient enfin le jour.
Il y a celles qui perdent des revenus ou fragilisent leur parcours professionnel parce que leurs règles sont trop douloureuses pour travailler normalement. Il y a celles qui, faute de diagnostic clair ou de traitement adapté, se tournent vers des solutions alternatives souvent coûteuses — médecines parallèles, compléments alimentaires, produits de parapharmacie — alimentant malgré elles une forme de marchandisation de la santé des femmes.
Il y a celles qui portent le poids des injonctions à la fertilité et à la maternité : pression sociale à « ne pas attendre trop longtemps », culpabilisation en cas de difficulté à concevoir, suspicion lorsqu’elles choisissent de ne pas avoir d’enfant.
Et puis il y a celles qui subissent la stigmatisation — au travail, dans leur couple, dans l’espace public — parce que leur corps change, parce qu’elles expriment une douleur, ou simplement parce qu’elles revendiquent d’être écoutées.
La santé des femmes doit être considérée dans son ensemble. À chaque étape de leur vie, elles doivent pouvoir être accompagnées, écoutées et respectées. Il est urgent de mettre fin à une organisation qui fait peser sur elles l’essentiel de la charge contraceptive et parentale, et d’instaurer un véritable partage des responsabilités avec les hommes.
1 femme sur 4 âgée de 55 à 59 ans estime que les effets de la ménopause affectent grandement sa qualité de vie (CESE, 2025).
L’endométriose touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer (près de 2 millions de femmes en France), avec un retard de diagnostic moyen de 7 à 10 ans (Ministère de la Santé, 2024).
Le cercle vicieux de la précarité

En France, les femmes sont structurellement plus exposées à la précarité que les hommes. 4,9 millions de femmes vivent sous le seuil de pauvreté contre 4,3 millions d’hommes (Insee, 2022). La majorité des familles monoparentales ont pour cheffe de famille une femme. 75 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes (Insee, 2025).
Or, quand les ressources manquent, les soins deviennent une variable d’ajustement. Les consultations sont reportées, les dépistages espacés. La santé mentale passe au second plan. L’alimentation de qualité devient inaccessible. L’activité physique est abandonnée. La précarité menstruelle s’installe. Trop souvent, il faut arbitrer entre se soigner acheter des biens de première nécessité.
Par ailleurs, les femmes en contrats précaires, à temps partiel subi ou sans activité professionnelle se trouvent privées d’une complémentaire santé en partie prise en charge par l’employeur et de l’accompagnement permis par la médecine du travail.
La situation se durcit encore pour les femmes qui assument seules la charge parentale. La santé des enfants passe avant la leur. Elles taisent leurs maux, souffrent en silence.
Puis la santé se dégrade. Les arrêts de travail se multiplient. Le passage à temps partiel s’impose. Le maintien dans l’emploi devient fragile. Les perspectives d’évolution professionnelle se réduisent. Les revenus diminuent davantage. La précarité s’aggrave.
C’est le cercle vicieux de la précarité.
Ce mécanisme n’a rien d’inéluctable. Il est amplifié par des choix politiques : désengagement progressif de la Sécurité sociale, diminution des remboursements, augmentation des franchises et des participations forfaitaires. Ces décisions frappent d’abord les personnes les plus malades et les plus précaires — et donc, en première ligne, les femmes.
S’engager pour l’égalité en santé, c’est combattre la précarité, garantir un accès effectif aux soins et à la prévention et refuser que la santé devienne un luxe. C’est une exigence de santé publique et de justice sociale, pour toutes et tous.
64 % des personnes renonçant à des soins sont des femmes. Parmi elles, 59 % déclarent que les restes à charge financiers sont une cause majeure (Haut Conseil à l’égalité, 2017).
En France, 1 femme sur 3 est confrontée à la précarité menstruelle (Ministère de l’Egalité entre les femmes et les hommes, 2024).
Solimut Mutuelle de France agit
Cette campagne s’inscrit dans la continuité de plusieurs années de revendications et d’actions en faveur de la santé des femmes portées par Solimut Mutuelle de France. Actrice du mouvement social et attachée aux valeurs féministes et humanistes qu’elle défend aux côtés de la Fédération des mutuelles de France, la mutuelle agit contre toutes les formes d’inégalités en santé et inscrit son action dans une démarche de transformation sociale, au service de l’égalité et de la justice sociale.
Convaincue que les engagements doivent se traduire en résultats mesurables, Solimut Mutuelle de France porte des propositions fortes, déclinées en solutions concrètes et en actions à impact.
- En tant qu’actrice de santé, Solimut Mutuelle de France a appelé publiquement ces dernières années à la création d’un plan de remboursement des protections périodiques sans condition par la Sécurité sociale, la prise en charge d’arrêt de travail pour règles incapacitantes sur prescription médicale par la Sécurité sociale et le renforcement de la prise en charge des troubles de la conduite alimentaire.
- En tant qu’actrice de la solidarité, Solimut Mutuelle de France apporte régulièrement son soutien à des associations en faveur de la santé des femmes. La Fondation Solimut a ainsi soutenu diverses associations comme Banlieues Santé (projet d’accompagnement et de formation en santé de femmes), Règles élémentaires (le projet une application autour des protections périodiques) et Au Tambour (l’ouverture d’un accueil pour les femmes seules en grande précarité à Lyon).
- En tant qu’entreprise engagée, Solimut Mutuelle de France a innové en 2025 en adoptant le congé menstruel pour toutes ses salariées souffrant de règles incapacitantes et en s’équipant de distributeurs de protections hygiéniques gratuites dans ses locaux.
Et surtout, Solimut Mutuelle de France apporte tout au long de l’année des solutions concrètes aux femmes et les aider à devenir actrice de leur santé. À l’occasion de la campagne, des actions de prévention et de solidarité seront multipliées partout en France : prévention des maladies cardio-vasculaires avec des dépistages réalisés par des professionnels de santé, prévention des cancers féminins avec l’apprentissage de l’auto-surveillance mammaire, lutte contre la précarité menstruelle à travers des collectes de protections hygiéniques et des ateliers de confection, sensibilisation aux violences faites aux femmes autour du violentomètre.
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Solimut Mutuelle de France vous donne la parole !

Parce que l’action passe avant tout par l’écoute, Solimut Mutuelle de France choisit de donner la parole aux femmes.
Votre expérience compte, qu’elle soit celle d’un parcours de soins difficile, d’une douleur minimisée, d’un renoncement aux soins, ou au contraire d’un accompagnement qui a fait la différence. En partageant votre vécu, vous contribuez à rendre visibles des situations encore trop souvent ignorées et à faire progresser l’égalité en santé.
Vos préoccupations, vos attentes et vos propositions, contribueront à faire avancer la santé des femmes et à faire reculer les inégalités. Vos réponses permettront d’interpeler les pouvoirs publics, de faire évoluer les pratiques et d’adapter le système de santé à vos besoins.
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Parce que les inégalités de genre en santé sont d’abord politiques, Solimut Mutuelle de France s’engage pour faire de l’accès à la santé un droit pour toutes et tous.